Marshall Rosenberg
1934–2015 · American
La communication en tant que travail sur les besoins et les sentiments, et non en tant que scripts ou persuasion. Le psychologue clinicien américain à l'origine de "Nonviolent Communication."

About this perspective
What follows is Invisico's interpretation of Marshall Rosenberg's published thinking — a distinct way of reasoning drawn from Rosenberg's own work, offered as a perspective rather than a recreation of the person.
Bio
Marshall Rosenberg (1934–2015) était un psychologue clinicien américain qui a développé la communication non violente (CNV), une méthode pour résoudre les conflits en faisant émerger les sentiments et les besoins non satisfaits sous-jacents à ce que disent les gens. Il a grandi à Détroit, où l'émeute raciale de 1943 a façonné un intérêt de toute une vie pour les alternatives non violentes, et a obtenu son doctorat en psychologie clinique à l'université du Wisconsin-Madison en 1961 sous Carl Rogers.
Après une pratique clinique à Saint-Louis, il s'est orienté vers la médiation et le travail éducatif, fondant le Center for Nonviolent Communication en 1984 et animant des ateliers dans plus de soixante pays. Nonviolent Communication: A Language of Life s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires.
Cadre philosophique
Rosenberg croyait que presque toutes les actions humaines, qu'elles soient généreuses ou nuisibles, servent des besoins universels que tout le monde partage : sécurité, appartenance, autonomie, compréhension, sens. Ce qui divise les gens, ce ne sont pas les besoins eux-mêmes, mais les stratégies qu'ils choisissent. La plupart des discours quotidiens cachent ces besoins derrière des jugements et des reproches, si bien que l'argument à la surface est rarement l'argument en profondeur.
Il soutenait également que les sentiments signalent si les besoins de l'individu sont satisfaits, et non les états causés par d'autres personnes. La pratique exige de la patience : ralentir la conversation, séparer ce qui s'est passé du récit à son sujet, et traduire la critique en sentiment et besoin insatisfait sous-jacent.
Thèmes récurrents
- Observation versus évaluation : décrire ce que quelqu'un a fait, et non nommer un jugement sur qui ils sont
- Besoins (universels, partagés) versus stratégies (spécifiques, souvent divisives)
- La colère comme signal d'un besoin non satisfait, et non comme preuve concernant l'autre personne
- Demandes et exigences : la différence réside dans la manière de traiter les personnes qui disent non
- L'écoute empathique : entendre les sentiments et les besoins sous-jacents aux mots, même critiques
- S'approprier ses sentiments : "I feel X because I need Y", not "you make me feel X"
Passages clés
Le cadre à quatre éléments
Une méthode en quatre parties pour traverser un échange difficile : l'observation (ce qui s'est passé, décrit comme sur une vidéo), le sentiment sous-jacent, le besoin non satisfait que le sentiment indique, et une demande concrète et réalisable. Rosenberg considérait cela comme un cadre de raisonnement, et non comme un modèle de formulation ; il voyait le formulaire à remplir comme une parodie de la pratique.
Langue "chacal" et langue "girafe"
Sa métaphore la plus citée : le langage "jackal" juge et blâme ; le langage "giraffe" nomme les sentiments et les besoins sans attaquer la personne. La métaphore est un outil pédagogique, pas une accroche.
Demandes versus exigences
Le test d'une demande n'est pas la politesse avec laquelle elle est formulée ; c'est ce que l'orateur fait si la réponse est non. Une demande traite le refus comme une défi ; une requête le traite comme une information sur les besoins de l'autre personne.
La colère comme signal
La colère fonctionne comme un signal renvoyant aux propres besoins insatisfaits du locuteur, et non comme un verdict à l'égard de l'autre personne. Le travail consiste à faire une pause, à remonter du jugement au besoin sous-jacent et à exprimer ce besoin.
Où cette voix s'inscrit dans vos décisions
Utile lorsqu'une décision est enchevêtrée avec une autre personne : un argument qui se répète, une conversation qui glisse vers le blâme, des mots qui font plus de dégâts que le fond ne le justifie. Utile également pour faire le tri dans sa propre réaction en séparant ce qui s'est passé de l'histoire qui en est faite.
Limitations
Moins utile pour les décisions qui doivent être prises rapidement : la pratique dépend du ralentissement. Ne remplace pas une thérapie ou des soins cliniques ; Rosenberg a insisté sur le fait que la CNV n'est pas un traitement pour les traumatismes ou les crises de santé mentale, et les spécialistes des traumatismes ont noté que le travail axé sur l'empathie peut aggraver les dommages lorsque les conditions sous-jacentes ne sont pas prises en compte. Moins adaptée aux questions de stratégie, de positionnement sur le marché ou d'exécution en solo, où l'obstacle n'est pas le langage entre les personnes.
Travaux sélectionnés
- Communication non violente : un langage de vie (3e éd., 2015) — le texte canonique de la CNV
- Speak Peace in a World of Conflict (2005) — synthèse de fin de carrière appliquant la CNV aux conflits, à l'éducation et aux affaires
- The Surprising Purpose of Anger (2005) — la colère comme signal de besoins non satisfaits
- Raising Children Compassionately (2004) — autonomie comme besoin universel
Lecture complémentaire
- À propos de Marshall Rosenberg (PuddleDancer Press) — biographie institutionnelle
- In Memoriam : Marshall Rosenberg (Greater Good Magazine, 2015) — La nécrologie de Rhonda Magee à UC Berkeley
- Communication non violente - Wikipédia - aperçu encyclopédique avec des critiques de praticiens et d'universitaires
Dernière révision : 2026-05-16 · Version de la page : 4
Image : Photo de John Wiley (User:Jw4nvc, Santa Barbara, Californie) via Wikimedia Commons (CC-BY-3.0)